notes: maz

 

Screenwriter's note

I grew up in a military family. Stories of my ancestors' soldiering, reaching back to the Crimean War, were told and retold around the dinner table. Military ceremonies, pageants and displays of arms, although thrilling to me, were events through which I began to misunderstand war. In my young mind, war became equated with neat lines, stirring music, poignant silences and the veneration of heroes. On November 11th, the clenched jaws of the veterans beneath the Cenotaph only hinted to me that the ceremony was built upon a legacy of grief and horror.

I became aware of the savagery of war through books and films; and also by the way my relatives dodged certain questions about their wartime experiences.

During the Afghanistan conflict, I grew troubled by my inability to connect to Remembrance Day. I could not understand Canada’s political and military stake in this war and, although I felt empathy for the casualties on both sides (mostly for the innocent civilians caught up in the carnage) I could not muster the swelling in my chest I had formerly felt on those raw November mornings. Maz began as a way for me to explore my disconnect, to reacquaint myself with the intimate and personal outcomes of military adventure.

The Afghanistan War will soon be forgotten by most Canadians. Yet the consequences of our participation will take years to measure. I wrote Maz thinking of the soldiers who fought this mysterious war; who will carry it quietly among us for the rest of their lives. I wrote Maz thinking of the families whose loved ones died for a cause that was never quite clarified. I wrote Maz wondering where memory ends and memorialization begins.

 

Note du scénariste

J’ai grandi dans une famille à longue tradition militaire. Des histoires des campagnes de mes ancêtres, allant aussi loin que la Guerre de Crimée, circulaient autour de la table à manger. Les cérémonies militaires, les parades et les démonstrations d’armes, tout en étant des événements excitants pour moi, commencèrent à déformer ma perception de la nature de la guerre. Dans mon jeune esprit, la guerre s'équivalait à la ligne droite, à une musique inspirante, à des silences lourds d’émotion et à la vénération des héros. Lors du 11 novembre, les mâchoires serrées des vétérans sous le Cénotaphe m’insinuaient à peine que cette cérémonie était bâtie sur une histoire de deuil et d’horreur.

La nature sauvage de la guerre me fut révélée à travers livres et films; ainsi que par une tendance qu’avaient mes proches d’éviter certaines questions sur leurs expériences de guerre.

Pendant le conflit en Afghanistan, je devins de plus en plus troublé par les difficultés que j’éprouvais à me sentir impliqué au jour du Souvenir. Je ne pouvais pas comprendre les enjeux politiques ou militaires du Canada dans cette guerre, et, malgré le fait que je sentais de l’empathie pour les morts et blessés des deux camps (surtout pour les civils piégés dans ce carnage), je ne pouvais plus faire appel à cette masse d’émotions que j’avais jadis senti, lors de ces froids matins de novembre. Maz commença en étant une façon pour moi d’explorer ma nouvelle distance de ce monde martial, une façon de renouer avec les résultats si personnels et intimes de l’aventure militaire.

La Guerre en Afghanistan va bientôt être oubliée de la plupart des Canadiens. Toutefois, les conséquences de notre participation prendront des années a comprendre. J’ai écrit Maz en pensant aux soldats qui se sont battus lors de cette mystérieuse guerre, et qui, au fond d’eux-mêmes, la garderont silencieusement parmi nous pour le reste de leur vie. J’ai écrit Maz en pensant aux familles de ceux qui ont perdu des proches pour une cause qui ne fut jamais claire. J’ai écrit Maz en me demandant où les souvenirs terminent, et la commémoration commence.

Director's note

Maz asks us to consider the terrible human costs of a recent war. Our characters experience grieving as state of profound yearning, a painful limbo from which they wish to escape. Yet I hope the story of Maz may in some ways transcend this despair.

It is also about how friendship can pull us through periods of darkness and uncertainty. Friendship is the underlying theme of almost every scene in the film. Friendships emerging, friendships strained to the breaking point, friendships renewed. Despite their troubles, our characters show vitality and humour. They confront the dangers of solitude, but in the end each one takes on more responsibility for the other, not less.

The film uses poetic elements and an unconventional structure, which I hope will bring the audience closer to the imagination and inward experiences of the characters.

Screenwriter Nick Carpenter and I met when he was a story editor on my film A Silent Love. Our interest in Maz was inspired by his family’s background. However, the details in the story about the difficulties faced by recent veterans as they adapt to civilian life come from first-hand research we have carried out here in Québec.

Huntingdon, Québec (where we filmed Lee Mazenet’s fictionalized hometown) has a historical past that hasn’t disappeared. For the character of Deb, mother of the fallen soldier, the town is an extension of herself, filled with painful and joyous memories, a past which she now struggles to embrace.

 

 

Note du réalisateur

Maz nous demande de prendre en compte le terrible coût humain d’une guerre qui n’est pas si lointaine. Nos personnages vivent le deuil comme nostalgie déchirante, un état incertain qu’ils désirent à tout prix échapper. Néanmoins, j’espère que l’histoire de Maz puisse en quelque sorte passer outre ce désespoir. Car elle nous propose aussi qu’une amitié puisse nous aider à sortir de moments incertains et sombres. Et bien, l’amitié est le thème sous-gisant de presque chaque scène dans le film. Il y a des amitiés qui naissent, d’autres sont tendues jusqu'à se rompre, et d’autres, renouvelées.

Malgré leurs fardeaux, nos personnages montrent vitalité et humour. Ils font face aux dangers de la solitude, mais finalement ils prendront chacun plus de responsabilité pour l’autre, et non moins.

Le film utilise des éléments poétiques et une structure peu conventionnelle dans l’espoir d’amener le public à s’approcher à l’imagination et aux expériences intimes des personnages.

Le scénariste Nick Carpenter et moi nous sommes connus lors qu’il travaillait comme conseiller pour mon film A Silent Love. Notre intérêt pour Maz est inspiré par sa famille. Or les détails de l’histoire sur les difficultés auxquelles font face les récents vétérans, pour se réadapter à la vie de civils, nous viennent par moyen de recherche que nous avons faite ici, au Québec.

La ville de Huntingdon, Québec (ou nous avons filmé la ville natale fictive de Lee Mazenet) porte un passé historique qui n’a pas du tout disparu. Pour le personnage de Deb, mère de la soldate morte, la ville est une extension d’elle-même, remplie de souvenirs doux-amers, d’un passé qu’elle ne peut que difficilement s’adapter.

 

Traduction: Arturo Hidalgo